2BH, 2DH, 2OP : quelles différences sur votre avis d’imposition 2026 ?

On ouvre sa déclaration préremplie, on tombe sur des lignes 2BH, 2DH, 2OP, et on ne sait pas laquelle impacte réellement la note finale. Ces trois cases jouent pourtant des rôles très différents dans le calcul de l’impôt sur les revenus du capital perçus en 2025. Comprendre leur mécanique évite de laisser de l’argent sur la table, ou pire, de déclencher une taxation plus lourde sans le vouloir.

Flat tax à 31,4 % en 2026 : ce qui change dans l’arbitrage fiscal

Depuis 2018, le prélèvement forfaitaire unique (PFU) taxe par défaut les revenus du capital à un taux global qui combinait 12,8 % d’impôt sur le revenu et 17,2 % de prélèvements sociaux. Pour les revenus 2025 déclarés en 2026, la flat tax passe à 31,4 % : les prélèvements sociaux grimpent de 17,2 % à 18,6 %, conformément à la loi de financement de la sécurité sociale pour 2026.

Cette hausse paraît modeste en pourcentage brut. En pratique, elle resserre l’écart entre le PFU et le barème progressif pour les contribuables dont la tranche marginale d’imposition (TMI) tourne autour de 30 %. Avant, le PFU restait souvent plus avantageux pour eux. Désormais, la comparaison mérite d’être refaite chaque année.

Case 2BH : dividendes et intérêts déjà orientés vers le barème

La case 2BH accueille les revenus de capitaux mobiliers que l’on choisit de soumettre au barème progressif de l’impôt sur le revenu, plutôt qu’au PFU. On y retrouve typiquement des dividendes d’actions ou des gains d’assurance vie sur des versements anciens (contrats de plus de huit ans, versements avant le 27 septembre 2017).

Quand un montant apparaît en 2BH, cela signifie que ces revenus seront intégrés à vos autres revenus imposables (salaires, pensions) et taxés selon votre tranche. Pour les dividendes, l’abattement de 40 % s’applique uniquement au barème, pas au PFU. C’est souvent le facteur décisif : un contribuable avec une TMI à 11 % qui perçoit des dividendes a tout intérêt aux voir figurer en 2BH plutôt qu’à subir 12,8 % de flat tax.

Homme en home office comparant les cases 2BH 2DH 2OP sur son avis d'imposition et son ordinateur

Case 2DH : gains d’assurance vie et prélèvement forfaitaire libératoire

La case 2DH concerne un cas précis : les produits d’assurance vie (ou de capitalisation) qui ont déjà subi un prélèvement forfaitaire libératoire (PFL), généralement au taux de 7,5 %. On parle ici de rachats sur des contrats souscrits ou alimentés avant le 27 septembre 2017, dont l’ancienneté dépasse huit ans.

Le montant déclaré en 2DH n’est pas retaxé à l’impôt sur le revenu. Il entre uniquement dans le calcul du revenu fiscal de référence (RFR). Ne pas le déclarer expose à une amende, même si l’impôt a déjà été payé. Le piège courant : croire que cette ligne est facultative parce que le PFL a été prélevé à la source.

Impact concret sur le revenu fiscal de référence

Le RFR sert à déterminer l’éligibilité à de nombreux dispositifs : exonération ou allégement de taxe foncière, plafonnement de la taxe d’habitation sur les résidences secondaires, accès à certaines aides sociales. Un rachat important sur une assurance vie ancienne, même déjà taxé, peut faire basculer un foyer au-dessus d’un seuil et supprimer un avantage l’année suivante.

Case 2OP sur la déclaration 2026 : opter pour le barème progressif

La case 2OP est la case d’arbitrage. En la cochant, on renonce au PFU pour l’ensemble des revenus de capitaux mobiliers et plus-values mobilières de l’année. C’est un choix global : on ne peut pas appliquer le barème aux dividendes et conserver la flat tax pour les intérêts d’un livret fiscalisé.

Cette option est aussi irrévocable pour l’année concernée. Une fois cochée sur la déclaration des revenus 2025, même une déclaration rectificative ne permet pas de revenir au PFU pour ces mêmes revenus. Les guides fiscaux 2026 insistent sur ce point, qui limite les marges de manoeuvre après coup.

Quand cocher 2OP réduit l’impôt

Les situations où le barème bat le PFU sont identifiables :

  • TMI à 0 % ou 11 % : le taux d’imposition au barème reste inférieur aux 12,8 % du PFU, et on récupère le crédit d’impôt correspondant au prélèvement déjà versé à la source (case 2CK).
  • Dividendes importants avec abattement de 40 % : la réduction de l’assiette taxable compense souvent un taux marginal plus élevé, parfois jusqu’à la tranche à 30 %.
  • Déduction de la CSG à hauteur de 6,8 % : au barème, une fraction de la CSG payée est déductible du revenu global l’année suivante, ce qui n’existe pas avec le PFU.

À l’inverse, un foyer dont la TMI atteint 41 % ou 45 % n’a quasiment jamais intérêt à cocher 2OP, sauf cas très particulier de revenus du capital marginaux.

Gros plan sur un avis d'imposition français annoté avec les codes 2BH 2DH 2OP posé sur un bureau en bois

Vérifier l’option la plus avantageuse sur le simulateur fiscal

Le simulateur officiel de la DGFiP permet de comparer les deux scénarios directement à l’étape de validation de la déclaration en ligne. On remplit normalement, puis on observe la ligne « estimation de votre impôt net après crédits d’impôt » avec et sans la case 2OP cochée.

La méthode la plus fiable : remplir d’abord sans cocher 2OP, noter le montant estimé, puis cocher 2OP et comparer. La différence entre les deux montants donne la réponse, sans calcul manuel. Les retours varient sur la lisibilité de cette estimation selon les navigateurs, mais le résultat fiscal reste identique.

Récapitulatif des trois cases

Case Contenu Impact fiscal
2BH Revenus mobiliers soumis au barème (dividendes, intérêts, assurance vie ancienne) Taxés selon la TMI, abattement 40 % sur dividendes
2DH Produits d’assurance vie ayant subi le PFL (7,5 %) Pas de retaxation IR, intégrés au revenu fiscal de référence
2OP Option globale pour le barème progressif Remplace le PFU sur tous les revenus du capital de l’année, irrévocable

La mécanique se résume à une question de seuils : votre TMI, le type de revenus (dividendes ou intérêts), et l’ancienneté de vos contrats d’assurance vie. Avec la flat tax passée à 31,4 %, le barème redevient compétitif pour davantage de foyers qu’avant 2026. Prenez les deux minutes de simulation avant de valider, le gain potentiel se chiffre parfois en plusieurs centaines d’euros.

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