Un maire ne peut plus cumuler les fonctions comme jadis, mais le millefeuille des indemnités demeure : la loi verrouille d’un côté, assouplit de l’autre, et compose avec les réalités du terrain. Derrière les plafonds affichés, la diversité des situations persiste, entre petites communes et grandes métropoles, entre responsabilités multiples et nouveaux modes de gouvernance.
Statut, indemnités et évolutions récentes : ce que la loi prévoit pour les maires
Être maire, c’est occuper un poste à la fois exposé et stratégique dans la vie locale. Son cadre légal, détaillé dans le code des collectivités territoriales, balise précisément la question des indemnités et du statut. Ces sommes ne sont jamais fixées au hasard : le nombre d’habitants reste la base du calcul, mais la réalité du poste compte tout autant. Plus la commune est vaste, plus la barre des indemnités grimpe.
La réforme de 2019 a ajusté les barèmes : désormais, l’ensemble des élus qui exercent réellement des responsabilités exécutives (maires, adjoints, conseillers municipaux avec délégation) ne peuvent dépasser un montant global. Les plafonds ne se discutent pas, ils s’imposent à tous, cumul compris.
Voici comment le montant maximal s’applique, selon la taille de la commune :
- Dans les localités de moins de 500 habitants, l’indemnité mensuelle brute pour le maire s’arrête à 991,80 €.
- Dans une ville dépassant 100 000 habitants, le plafond peut franchir les 5 600 € bruts.
Le conseil municipal doit expressément valider le versement de ces indemnités. À ce montant s’ajoutent la CSG et la cotisation IRCANTEC, prélevées à la source. Un maire qui cumule, par exemple, la gestion d’une commune et la présidence d’un EPCI, ne peut dépasser un total de 8 434,85 € bruts mensuels. Pour ceux qui quittent leurs fonctions, une allocation de fin de mandat peut venir compenser la transition, mais elle reste soumise à plusieurs critères.
La transparence s’est renforcée ces dernières années, avec des contrôles plus rigoureux sur le cumul et l’attribution des indemnités. Les critères d’attribution pour les adjoints, la réévaluation des cotisations et les ajustements périodiques visent à mieux coller aux exigences de la vie publique locale. Le système n’est pas figé : il évolue au gré des attentes démocratiques et des réformes successives.
Cumul des mandats, droits en fin de fonction et obligations : comprendre les règles actuelles et leurs implications
Le débat sur le cumul des mandats n’a rien perdu de sa vigueur. Depuis 2014, la donne a changé : un maire ne peut plus siéger au Parlement tout en dirigeant une mairie. Les frontières sont désormais claires, mais quelques passerelles subsistent. Il reste possible d’être à la fois maire et président d’un EPCI, ou encore de participer à la gestion d’un établissement public local. Cette réalité, ancrée dans de nombreux territoires, est toutefois strictement encadrée par un plafond d’indemnités, tous mandats additionnés.
Concrètement, la rémunération globale d’un élu local dépend de son engagement réel : présence aux séances plénières, participation aux réunions, respect des règles encadrant les conflits d’intérêts, notamment en cas d’implication dans une société d’économie mixte. Les conseillers municipaux détenant une délégation disposent de droits particuliers, mais doivent aussi répondre à des impératifs de transparence et de disponibilité.
Lorsque le mandat s’achève, un dispositif spécifique s’active : l’allocation différentielle de fin de mandat, accessible sous conditions, vise à amortir la chute de revenus pour ceux qui ne retrouvent pas immédiatement une activité professionnelle. Cette aide n’a rien d’automatique : elle s’adresse à ceux qui, du jour au lendemain, voient disparaître leur indemnité d’élu sans perspective immédiate de retour à l’emploi. La CSG et la CRDS s’appliquent aussi à ces sommes, comme pour toutes les autres formes d’indemnités versées aux élus locaux.
À chaque élection, le paysage local se redessine : les visages changent, les règles d’indemnisation aussi. Derrière le vernis de la loi, la réalité du mandat s’écrit au quotidien, entre engagement public et vigilance sur les avantages accordés.


